THOMAS
TANZILLI :
La vocation d’illustrer la vie
L’huile,
l’aquarelle, le pastel, le fusain, la sculpture,
aucune technique n’est étrangère
à Thomas
TANZILLI. Artiste de talent et homme de
générosité, il fait partie de
l’association
des artistes villeurbannais depuis 1982, en fût le
président, et en est resté président
d’honneur. Depuis 20 ans, il enseigne la peinture au
comité social de la mairie de Villeurbanne. Ses
tableaux sont
des fenêtres grandes ouvertes sur le monde, mais ce qui ma
conduite chez lui, ce jour-là de novembre 2004,
c’est la
bande dessinée.Thomas pratique cet art avec bonheur, il a
illustré des
nouvelles policières parues à Lyon en 1959,
copiste dans
une ambiance de séries américaines chez
Imperia. À Paris, il a connu GOSCINNY et
apprécié son sens de l’humour. Lors
d’un
repas, MORRIS lui a dessiné sur un menu l’un des
Dalton
(je parie que c’était Averell,
l’éternel
affamé). Pour Thomas, la B.D. est “la
première
expression artistique populaire”. Ne remonte-t-elle pas aux
fresques préhistoriques ! et les vitraux, et les tympans des
cathédrales ! sans jamais perdre de son
intérêt,
puisqu’elle représente chaque époque.
C’est
ainsi qu’on doit à Thomas de nombreuses fresques,
dans les
écoles, les associations sportives, des cafés du
Haut-Beaujolais (Cours-la-Ville, Le Cergne). Il s’est mis
aussi
dans la peau des personnages : le sauveteur venant sur sa barque,
c’est lui-même, venant au secours des habitants du
quartier
St-Jean
à Villeurbanne, lors des inondations de 1955, Thomas avait
25
ans. Puis Thomas s’est consacré
à
l’illustration
de métiers de la période 1885-1905 dans le canton
de
Belmont (Loire). Cela nous compose une galerie de personnages
traités au lavis avec du brou de noix. Ces hommes vivent en
moyenne montagne : le berger, le tisserand (ou
fileur), le pompier, le forgeron (métier pratiqué
par
Thomas), le curé et son antagoniste l’instituteur,
qui
enseignait aux enfants la géographie d’une France
amputée de l’Alsace-Lorraine, et voici le tambour
communal
(nom d’époque pour garde-champêtre).
Mais que fait
ici un cosaque ? avec sa troupe, il a envahi Paris. Quand-il entre dans
un estaminet (vocabulaire de ce temps-là), il crie
“Bisrrro !” ce qui veut dire “vite
!”,.
Excédés, les Parisiens l’imitent au
point de faire
de “bistrot” le nom familier d’un
débiteur de
boissons. Pas un détail ne manque dans les costumes.
Regardez ce
facteur en 1895, Thomas l’a offert à Claude
MARCHAND, un ami journaliste. Peu après (comme on dit dans
dans
la B.D.). Thomas ouvrant “le progrès”
édition
roannaise se trouvait nez à nez avec son facteur
malicieusement
reproduit par Claude. Ce n’était pas une lettre
que le
facteur-messager portait à Thomas, mais la promesse
d’un
livre regroupant illustrations et écrits des deux amis, dans
une
parfaite complicité. Pour exprimer tant de
réalisme
et de tendresse à travers
ces tranches de vie, il faut être un témoin des
hommes de
tous les temps, et de l’éternelle nature : des
tableaux de
Thomas TANZILLI, on peut en contempler en Belgique, en Italie, au
Japon, en Biélorussie (musée de Moghilev). Notons
qu’il a participé à une
“pleine-air
peinture”, c’est le mot employé en
Biélorussie, par respect pour le travail sur le terrain cher
aux
impressionnistes. Le secret de cette lumière ? Il suffit de
lire
un des poèmes de Thomas :
“Un jour le vent souffla à mon
oreille
Qu’il existait une fleur,
A nulle autre pareille (...)
Comme je lui demandais où poussait cette fleur
:
Elle pousse seulement tout au fond de nos cœurs,”
Monique CLAVAUD.
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